Que faire si tu rencontres un dur à cuire?
En grandissant, les enfants devront affronter, à un moment ou à un autre, les railleries ou les brimades. Parfois, les taquineries ne sont pas bien méchantes, mais quelques fois, elles peuvent faire très mal. L'intimidation peut être difficile à supporter, tant pour les parents que pour l'enfant qui en est victime.
Il arrive parfois que les gens regardent les personnes amputées avec insistance et même qu’ils leur posent des questions sur leur amputation. Ils le font souvent par curiosité sans aucune méchanceté. Si cela t’arrive, la meilleure façon de réagir est de sourire et de répondre simplement aux questions qu’on te pose. Faire une présentation à l’école (ton père et ta mère peuvent t’y aider) est aussi un bon moyen d’expliquer ton amputation, de montrer tes membres artificiels et de répondre aux questions de tout le monde en même temps.
Un conseiller junior du Programme LES VAINQUEURS nous dit : « Je pense que quand on est un enfant et que quelqu’un nous dévisage, on peut avoir l’impression que cette personne est méchante ou pas très gentille. Mais certains enfants sont seulement curieux. Il vaut mieux se montrer amical et ouvert au sujet de notre amputation. À l’école primaire, j’ai connu un enfant qui regardait fixement mes jambes. Je me suis approché de lui et je me suis simplement mis à lui parler. Nous sommes devenus de très bons amis. »
Qu’est-ce que l’intimidation?
Parfois, les gens nous taquinent pour nous embêter, par méchanceté et pour exercer leur pouvoir à nos dépens : c’est de l’intimidation. Un dur à cuire est une personne qui cherche à blesser quelqu’un dans ses sentiments ou physiquement et qui le fait souvent, ou continuellement. Plusieurs personnes sont victimes d’intimidation peu importe leur âge, mais ça ne rend pas l’intimidation plus acceptable pour autant.
Il existe de nombreux types de durs à cuire : il y a ceux qui poussent, bousculent et malmènent les autres physiquement, ceux qui volent tes choses (pour intimider), ceux qui se moquent de toi (pour embarrasser) ou ceux qui t'écartent délibérément des activités (pour t'exclure). En général, les garçons qui pratiquent l’intimidation préfèrent la méthode physique, alors que les filles lancent de fausses rumeurs ou font du commérage. Mais là ne s’arrête pas la liste des méchancetés dont sont capables les durs à cuire et quelle que soit la forme que prend l’intimidation, c’est grave. Si on te harcèle verbalement, l’information qui suit peut t’aider à savoir comment réagir et quoi dire. Si, par contre, on te harcèle physiquement, tu dois immédiatement aller chercher l’aide d’un adulte.
Comment te sens-tu quand quelqu’un t'intimide?
Une personne victime d’intimidation se sent souvent triste, blessée, craintive ou seule. Tu peux aussi être fâché parce que tu ne sais pas comment faire cesser ce harcèlement. Tu peux devenir silencieux et rester dans ton coin. Pourtant, si tu en parlais, par exemple à un parent, à un conseiller scolaire ou à un enseignant, ils pourraient t’aider à trouver des moyens de mettre fin à cette intimidation. Rappelle-toi surtout que ce n’est pas de ta faute. Nous sommes tous différents. Certaines personnes ont les cheveux roux, d’autres portent des lunettes et toi, tu es amputé. Mais nous sommes aussi les mêmes, nous avons tous des sentiments.
« Les amputés ne sont pas les seules victimes des durs à cuire. Un dur à cuire peut s’en prendre à une personne parce qu’elle est petite et à une autre parce qu’elle est amputée », explique un conseiller junior.
Comment mettre fin à l'intimidation?
Souvent, ce que les durs à cuire veulent, c’est attirer l’attention et impressionner. Parfois, ils sont eux-mêmes victimes d’intimidation et harcèlent à leur tour les autres pour se sentir plus forts. Par conséquent, si tu montres à un dur à cuire qu’il te dérange ou te fait de la peine, tu l’aides à se sentir fort. Voici quelques suggestions pour faire cesser l’intimidation. Elles ne fonctionneront pas toutes chaque fois, mais en les essayant, tu découvriras lesquelles te conviennent le mieux.
Les durs à cuire s’attaquent aux gens qu’ils effraient ou bouleversent. Quand un dur à cuire s’en prend à toi pour la première fois, le mieux est de l’ignorer. Fais semblant que ses paroles ou ses agissements te laissent indifférent. Le dur à cuire peut finir par trouver ça ennuyant et cesser de t’importuner. Essaie de t’éloigner de lui s’il te taquine. Prends un autre chemin pour rentrer chez toi en sortant de l’école ou reste en compagnie d’autres personnes.
Si le dur à cuire continue, tu dois alors te défendre et lui répondre. Parle-lui calmement, mais fermement. Ne lui demande pas : « Euh... peux-tu arrêter s’il te plaît? », parce que cela lui donnera l’impression que tu n’es pas sûr de toi. Si tu sais son prénom, utilise-le quand tu t’adresses à lui.
En supposant que les durs à cuire s’appellent Mathieu et Anne, voici ce que tu peux leur dire :
- « Mathieu, ce que tu fais c’est de l’intimidation. Arrête. »
- « Anne, laisse-moi tranquille. »
- « Mathieu, arrête d’être méchant. »
- « Anne, tu essaies de m’exclure; ce n’est pas correct. »
- « Et puis, Mathieu? »
- « Anne, tu n’as rien de mieux à dire? »
La façon dont tu te comportes est aussi très importante. Agis avec assurance, en te tenant droit et en regardant le dur à cuire dans les yeux pendant que tu lui parles. Tu peux t’exercer à parler avec assurance et à avoir l’air sûr de toi devant un miroir, avec un ami ou un parent. Ainsi, si un dur à cuire s’en prend à toi, il verra bien par ton comportement qu’il ne te fait pas peur. Et rappelle-toi, demander de l’aide ce n’est pas dénoncer, c’est agir intelligemment.
Ce que tu dois faire et ce que tu ne dois pas faire si tu rencontres un dur à cuire
- Tu dois rester avec tes amis.
- Tu dois lui parler d’un ton ferme et le regarder droit dans les yeux.
- Tu dois te rappeler que tu es important.
- Tu dois en parler à un adulte.
- Tu ne dois pas rester dans des endroits où il n’y a personne.
- Tu ne dois pas montrer au dur à cuire que tu as peur.
- Tu ne dois pas lui dire « s’il te plaît ».
- Tu ne dois pas te battre avec lui.
Peux-tu aider quelqu'un à cesser de se comporter en dur à cuire?
Bon nombre de raisons peuvent expliquer pourquoi une personne se comporte en dur à cuire. Mais, au fond, tout le monde se ressemble, et ces personnes souhaitent, elles aussi, être aimées et acceptées.
Souvent, les dur à cuire n'ont pas beaucoup de vrais amis et sont privés de toutes ces choses merveilleuses qui accompagnent l'amitié, c'est-à-dire la gentillesse, le soutien, la compréhension et le plaisir.
Si tu fais comprendre à un dur à cuire que tu seras gentil avec lui et qu'il pourrait même faire partie de ton groupe s'il CESSE d'être méchant, tu pourrais l'aider à changer son comportement.
Que faire si rien ne semble fonctionner?
Parfois, quoi que tu fasses, rien ne semble fonctionner : le dur à cuire continue à te taquiner et à s’en prendre à toi. Que faire? Tu dois obtenir l’aide d’un adulte; par exemple, ta mère ou ton père, ou encore un enseignant. Si le dur à cuire t’agresse physiquement, te donne des coups de poing ou des coups de pieds, ou encore te malmène, tu dois le dire à un adulte.
Généralement à l’adolescence, l’intimidation est plutôt verbale que physique. Elle peut être directe, par exemple des insultes, ou indirecte, il peut alors s’agir de commérages ou d’exclusion. Essaie de ne pas te laisser troubler par les paroles des gens qui te harcèlent, car ceux-ci ne s’en prennent pas aux personnes sûres d’elles-mêmes. Évite les endroits où ils se tiennent et parle à quelqu’un de l’intimidation dont tu es victime.
Souvent, les adolescents pratiquent l’intimidation parce qu’ils y ont été poussés par leurs pairs, ou encore n’osent rien dire quand ils voient qu’une autre personne est victime de harcèlement. Si tu prends la défense des autres, les dur à cuire sauront que tu n’as pas peur et auront moins tendance à s’en prendre à toi. Avoir des amis dévoués, qui prendront ta défense au besoin, et continuer à participer à des activités peut vraiment beaucoup t’aider.
Beaucoup de problèmes auxquels les amputés sont confrontés à l’adolescence sont identiques à ceux que rencontrent tous les adolescents, mais les amputés ont en plus d’autres préoccupations puisqu’ils doivent composer physiquement et émotionnellement avec leur amputation. Pour t'aider à faire face à ces questions, n'oublie pas que tu n'es pas seul, et consulte au besoin les ressources disponibles pour toi.
Si vous pensez que votre enfant est victime d’intimidation, assurez-vous qu’il se sent suffisamment en confiance pour vous en parler. Il arrive souvent que les enfants n’en parlent pas à leurs parents parce que cela les gêne ou parce qu’ils craignent des critiques ou des réactions excessives de leur part. Le silence est particulièrement fréquent chez les adolescents, qui s’efforcent de devenir indépendants.
Certains signes pourraient indiquer que votre enfant est victime d’intimidation :
- L’enfant ne veut pas aller à l’école.
- Il se dit toujours malade, mais n’explique pas de quoi il souffre.
- Il a de l’argent ou des articles personnels qui disparaissent ou encore des vêtements déchirés.
- Il a du mal à se faire des amis.
- Il s’intéresse moins qu’avant aux activités quotidiennes.
- Il a des sautes d’humeur, il est irritable ou il harcèle d’autres enfants.
Conseils
- Posez des questions d’un ton calme et neutre.
- Essayez d’obtenir de votre enfant un tableau complet de la situation sans l’interrompre ni le juger.
- Validez les sentiments de votre enfant.
- Aidez votre enfant à trouver des moyens de faire cesser le harcèlement et livrez-vous avec lui à des jeux de rôle qui lui donnent une idée de ce qu’il peut dire et faire pour s’affirmer.
- Faites part de vos préoccupations aux responsables de l’école et demandez-leur d’agir en toute confidentialité.
- En tant que parents, vous êtes ceux qui pouvez le plus apprendre à vos enfants.
Certaines écoles mettent en œuvre des campagnes contre l’intimidation. Vous pourriez offrir votre aide pour en instaurer une à l’école de votre enfant, s’il n’y en a pas déjà. Il existe d’excellents moyens de créer une atmosphère positive et d’encourager la tolérance à l’école!
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