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Douleur au membre fantôme

Si vous souhaitez recevoir la brochure Douleur et membre fantôme, communiquez avec le Centre d'information pour les personnes amputées, par téléphone au 1 877 622-2472 ou par courriel à cipa@amputesdeguerre.ca.

Couverture de la brochure Douleur et membre fantômeLa douleur au membre fantôme existe depuis aussi longtemps qu'il y a des personnes amputées. Beaucoup de recherches ont été faites pour tenter de déterminer pourquoi les personnes amputées continuent de ressentir des douleurs au membre fantôme longtemps après leur amputation. Les théories de la « douleur mémoire » et de la « porte de contrôle de la douleur » expliqueraient possiblement l'existence d'une image-mémoire centrale du corps dans le cerveau. Même lorsqu'une partie du corps n'existe plus, cette image centrale demeure inchangée. Des sensations ou des douleurs au membre fantôme peuvent être ressenties lorsque le cerveau envoie des messages persistants aux membres manquants.

Une sensation fantôme consiste en l'impression que le membre amputé est encore présent. Cette sensation diminue habituellement avec le temps. Une douleur fantôme consiste à ressentir de la douleur dans un membre après que ce dernier ait été amputé. Les douleurs au membre fantôme peuvent varier en genre et en intensité. Une douleur bénigne, par exemple, peut être ressentie comme une sensation de piqûre aiguë et intermittente. Une douleur plus sévère peut donner l'impression à la personne amputée que le membre manquant est broyé. Généralement, les douleurs au membre fantôme diminuent en fréquence et en intensité au fil du temps. Toutefois, pour un petit nombre de personnes amputées, les douleurs au membre fantôme peuvent devenir chroniques et débilitantes en raison de leur fréquence et de leur intensité.

Vous trouverez ci-dessous quelques-unes des méthodes auxquelles ont recouru des personnes amputées souffrant de douleurs au membre fantôme. Il faut savoir que ces méthodes ne sont pas nécessairement efficaces pour tous les amputés.

Les façons de soulager les douleurs au membre fantôme décrites ici proviennent de nombreuses sources et quelques-unes sont anecdotiques. Le but de cet article est uniquement de fournir des renseignements sur les diverses méthodes offertes. Avant de mettre en pratique celles qui vous intéressent, vous devriez en discuter avec votre médecin ou une équipe médicale.

L'Association des Amputés de guerre n'est aucunement responsable de l'interprétation et de l'usage subséquent de l'information contenue dans cet article.

Méthodes pour soulager les douleurs au membre fantôme
(par ordre alphabétique)
Acupuncture

L'acupuncture est une méthode d'origine chinoise pratiquée depuis des milliers d'années afin de traiter divers types d'affections, dont la douleur chronique. L'acupuncture consiste en l'insertion d'aiguilles très fines en des points précis de la peau. Les aiguilles sont ensuite tournées pendant quelques minutes ou traversées d'un faible courant électrique. On ne comprend pas exactement comment fonctionne l'acupuncture — la médecine traditionnelle chinoise affirme que l'énergie du Qi, ou force vitale, circule dans le corps alors que la médecine occidentale soutient que cette méthode stimule la production par le corps d'analgésiques naturels appelés endorphines.

Anesthésiques

Anesthésie épidurale préopératoire : 

L'être humain éprouve souvent de la douleur avant même que ne soit pratiquée une amputation chirurgicale résultant d'un trauma ou d'une maladie. On pense que cette douleur est emmagasinée dans le cerveau et crée des « sentiers de la douleur » qui seraient à l'origine des douleurs au membre fantôme ressenties après une amputation. Une anesthésie épidurale (injection d'une solution anesthésique dans la colonne vertébrale) pratiquée habituellement 72 heures avant la chirurgie, permet de bloquer le message de douleur avant qu'il n'atteigne le cerveau et ne crée un « sentier de la douleur ». On rapporte que des gens ayant subi une anesthésie épidurale avant l'amputation ont éprouvé moins de douleur en période postopératoire et que les douleurs au membre fantôme étaient moins fréquentes et de plus faible intensité. On pense aussi que ce type d'anesthésie réduit la douleur en détruisant les messages de douleur associés à la chirurgie, lesquels s'impriment dans le cerveau même si le patient est inconscient.

Anesthésie locale postopératoire (lidocaïne, marcaïne, novocaïne, pontocaïne, xylocaïne) :

Ces médicaments agissent sur les cellules nerveuses en les rendant incapables de transmettre des messages de douleur pendant une courte période de temps. Il peut s'agir d'une anesthésie rachidienne (une petite aiguille insérée dans la colonne vertébrale, dans le bas du dos), d'une anesthésie épidurale (une petite aiguille et un cathéter insérés dans la colonne vertébrale, dans le bas ou le milieu du dos) ou encore d'une anesthésie locale. On peut aussi pratiquer des blocages nerveux. Ces médicaments peuvent être utilisés pour soulager des points réflexogènes et réduire la douleur au moignon.

Bas de compression

Les bandages et les bas de compression exercent une pression égale sur le membre résiduel pouvant réduire ou soulager les douleurs au membre fantôme.

Chaleur

On rapporte que la chaleur contribue à apaiser les douleurs occasionnelles ressenties au membre fantôme. Voici quelques moyens à votre disposition : appliquer un coussin chauffant ou un Sac Magique sur le membre, prendre des bains chauds ou encore entourer le moignon d'un tissu doux et chaud pour activer la circulation. Il existe aussi des onguents et des gels qui produisent de la chaleur, comme Rub A535 ou Tiger Balm (Baume du tigre). Des formes plus avancées de thermothérapie peuvent être entreprises sous la supervision d'un professionnel de la santé. Pour soulager la douleur, certaines personnes amputées appliquent alternativement de la chaleur et du froid. (Voir aussi la rubrique Froid)

Chiropratique

Certaines personnes amputées se tournent vers la chiropratique, terme signifiant « traitement par les mains ». La chiropratique n'a pas recours à la médication ni à la chirurgie, mais se concentre plutôt sur le rôle de la colonne vertébrale en relation avec l'ensemble du corps. Les docteurs en chiropratique, ou chiropraticiens, se spécialisent dans la compréhension et le traitement des diverses parties de la colonne vertébrale : les os (vertèbres), les muscles et les nerfs. Une vertèbre déplacée peut engendrer un déséquilibre qui affecte le système nerveux. Les autres jointures peuvent alors être soumises à une pression indue, causant de la douleur. Grâce à des ajustements manuels ou à des manipulations de la colonne vertébrale, le chiropraticien travaille à corriger les désalignements de la colonne, allégeant ainsi la douleur.

Désensibilisation

Les nerfs présents dans le moignon du membre résiduel peuvent être très sensibles, surtout tout de suite après l'amputation. Non seulement la désensibilisation réduit la sensibilité des nerfs mais aussi la douleur et les malaises. Frotter le moignon avec une pièce de tissu éponge, le tapoter ou le masser doucement avec la main ou un vibrateur sont tous des gestes qui contribuent à désensibiliser les nerfs. (Voir aussi la rubrique Massage)
 

Électrostimulation

Une théorie visant à expliquer les douleurs au membre fantôme avance que ces dernières surviennent pour la raison suivante : après une amputation, les nerfs composant le membre résiduel ne reçoivent plus les stimulus autrefois générés par le membre manquant. Il existe des traitements électriques permettant de soulager ces douleurs tels que la neurostimulation transcutanée (TENS: transcutaneous electrical nerve stimulation) et la thérapie électrique à micro-courant (MET, à l'aide du système Alpha-stim 100). Ces derniers consistent en l'émission d'un courant de faible intensité à basse fréquence d'oscillation qui stimule les nerfs et soulage la douleur. Selon l'intensité de la douleur, l'appareil qui fonctionne à pile peut être utilisé plusieurs fois par jour, de 10 à 20 minutes, et même plus longtemps (un professionnel de la santé pourra vous indiquer comment l'utiliser et combien de temps). Puisque la neurostimulation transcutanée peut causer de l'arythmie, elle ne devrait pas être prescrite à des personnes cardiaques. De même, les personnes ayant un stimulateur cardiaque ne devraient absolument pas utiliser ces appareils.

Exercice

L'activité physique améliore la circulation et stimule la production d'endorphines (substances produites naturellement dans le cerveau). De nombreuses personnes amputées estiment que l'exercice physique, modéré et fréquent, contribue à réduire les douleurs au membre fantôme. Fléchir et détendre les muscles du membre résiduel sont des exercices bénéfiques pour certaines personnes amputées.

Farabloc

Farabloc est un tissu composé de fils d'acier extrêmement fins dont l'apparence et la texture ressemblent à celles du lin. Ses fabricants affirment que Farabloc protège les terminaisons nerveuses endommagées grâce à son effet de blindage contre les rayonnements ionisant et de source magnétique. Il stimule la circulation sanguine et produit une agréable sensation de chaleur. Farabloc peut être coupé, cousu, lavé et repassé comme tout autre tissu. Il est disponible sous forme de couvertures de différents formats. Les personnes amputées peuvent se procurer des bonnets et des gaines fabriqués de Farabloc et faits sur mesure. Elles peuvent aussi incorporer directement le tissu dans l'emboîture de leur membre artificiel.

Froid

Appliquer du froid sur le membre résiduel peut aider à alléger les malaises associés aux douleurs au membre fantôme et aux spasmes musculaires. On peut le faire de plusieurs façons : compresses froides, bouillottes remplies de glace ou bains d'eau froide. Il existe aussi des crèmes et des gels rafraîchissants. Biofreeze, un nouveau produit disponible dans le commerce, est un gel analgésique qui contient des extraits de chêne vert. Il procure une sensation de fraîcheur qui peut durer plusieurs heures. Un autre gel, Glenalgesic Blue, est un analgésique topique qui soulage rapidement et temporairement les douleurs musculaires. Il contient du menthol, de l'alcool et du camphre. (Voir aussi la rubrique Chaleur)

LaKOTA

LaKOTA est une marque de produits médicamenteux de source naturelle vendus en pharmacie. Des personnes amputées nous ont dit qu'elles ont obtenu un certain soulagement de la douleur au membre fantôme avec l'analgésique développé pour les douleurs dues à l'arthrite et les douleurs musculaires et articulaires. Les produits sont offerts sous forme de comprimés ou, pour l'application externe, en applicateur à bille.

Magnétothérapie

Les aimants sont utilisés depuis des milliers d'années pour traiter de nombreux cas. Les douleurs au membre fantôme compte parmi eux depuis peu. La magnétothérapie consiste à appliquer des aimants sur le corps dans le but d'alléger la douleur et d'accélérer le processus de guérison. Il a été démontré que l'utilisation de champs électromagnétiques affecte la perméabilité des cellules et permet une meilleure alimentation en oxygène de ces dernières. Cela contribue à une meilleure absorption des nutriments, à augmenter la circulation sanguine, à éliminer les déchets, à réduire l'inflammation, à atténuer la douleur et à activer le processus de guérison. Les aimants sont généralement insérés dans des bracelets, des ceintures ou des bandes de tissu et sont disponibles dans diverses tailles et forces. Plusieurs compagnies, telles que Nikken et Bioflow, offrent ces produits. Il est fortement conseillé de consulter votre médecin avant d'essayer la magnétothérapie pour vous assurer que cette méthode constitue un bon choix pour vous.

Massage

Masser le membre résiduel est une bonne façon d'activer le flux sanguin et la circulation en plus de soulager des malaises. Le massage contribue aussi à réduire l'enflure et à relaxer les muscles tendus, lesquels peuvent être douloureux.

Massage craniosacral

Ce type de thérapie, laquelle se fonde sur l'étude de l'alignement des os et des jointures sur le crâne, est pratiquée dans différentes cultures depuis des milliers d'années. Il s'agit d'un toucher thérapeutique auquel on ajoute parfois des techniques de méditation et de visualisation. Un thérapeute qui traite les douleurs au membre fantôme peut « masser » le membre manquant, en plus d'en encourager la visualisation par le patient afin d'aider la personne amputée à se libérer de tout sentiment de chagrin, de perte ou de colère relativement à celui-là.

Médication

La médication représente un traitement efficace contre la douleur (particulièrement la douleur chronique). Cependant, de nombreuses personnes amputées préfèrent d'abord essayer d'autres méthodes. Il est important pour ces personnes de connaître les effets secondaires possibles des médicaments sans ordonnance et avec ordonnance, y compris les conséquences de leur usage à long terme.

Anti-inflammatoires (exemples : acétaminophène [Tylenol], aspirine, ibuprofène [Advil, Motrin])

L'acétaminophène, l'aspirine et l'ibuprofène sont des exemples de médicaments pouvant contribuer à réduire l'enflure et à atténuer les douleurs de faible ou de moyenne intensité. Ils ne causent pas de dépendance et peuvent être efficaces pour combattre des douleurs occasionnelles au membre fantôme. Une personne amputée nous rapporte qu'elle utilise Tylenol pour les douleurs arthritiques afin de soulager ses douleurs au membre fantôme.

Antidépresseurs (exemples : amitriptyline, Elavil, Pamelor, Paxil, Prozac, Zoloft)

Créés pour traiter la dépression, beaucoup d'antidépresseurs se sont avérés efficaces dans le traitement de douleurs chroniques, incluant les douleurs au membre fantôme. Ces médicaments agissent sur le cerveau afin d'empêcher ou d'augmenter la production de certaines substances chimiques visant à régulariser les fonctions de celui-ci.

Anticonvulsivants ou antiépileptiques (exemples : Neurontin, Tegratol)

Ces médicaments se sont avérés efficaces dans le traitement des douleurs au membre fantôme. Ils agissent directement sur les nerfs, à la fois du cerveau et du membre résiduel, afin d'altérer la neurotransmission. Ils ont donc un effet calmant sur les nerfs du membre résiduel, devenus hyperactifs à la suite de l'amputation. Ces médicaments sont prescrits en petites doses, que l'on augmente graduellement jusqu'à ce que la douleur disparaisse. Dès lors, il est très important de réduire graduellement la dose avant de cesser de prendre le médicament.

Narcotiques (exemples : codéine, Démérol, morphine, Percodan, Percocet)

Ces médicaments reproduisent l'action des substances chimiques analgésiques libérées par le cerveau en réaction à la douleur. La personne amputée qui souffre d'un épisode occasionnel de douleur fantôme sévère pourrait bénéficier d'un court traitement à base de médicaments de ce type. Ces narcotiques délivrés sur ordonnance ne conviennent pas à tous les cas de douleur fantôme; il est donc important de parler avec votre médecin.

Méditation

La douleur peut être accentuée par la tension physique et mentale. La méditation arrive parfois à réduire les douleurs au membre fantôme en relaxant les muscles et en diminuant le niveau d'anxiété. Le but de la méditation est de parvenir à un état d'éveil et de repos, cela combiné à des exercices de visualisation qui encouragent la personne à voir la douleur comme étant un élément extérieur à elle-même.

Port du membre artificiel

Le port du membre artificiel et un peu de déplacement peuvent contribuer à soulager les douleurs au membre fantôme en plus d'améliorer la circulation.

Psychothérapie

Certaines personnes amputées estiment qu'une thérapie individuelle ou de groupe leur est bénéfique. Quelques-unes se sont même tournées vers l'hypnose. Les thérapeutes professionnels peuvent enseigner aux personnes amputées à s'adapter et leur offrir un soutien psychologique et affectif afin qu'elles puissent composer avec la douleur.

Rétroaction biologique

Les adeptes de la rétroaction biologique (biofeedback) estiment que l'anxiété, laquelle peut augmenter la tension musculaire et contribuer au cycle de douleur, est responsable des douleurs au membre fantôme. Les « muscles hyperactifs » irritent l'extrémité coupée des nerfs du membre résiduel. L'application d'électrodes sur ce dernier permet de connaître le moment exact où survient la tension musculaire. Ainsi, lorsque le muscle est tendu, les électrodes le détectent et déclenchent une lumière clignotante ou une sonnette. Une fois la personne amputée consciente de la tension musculaire, elle apprend à relaxer le muscle tendu. Quand le muscle est suffisamment détendu, la réaction (feedback) arrête. Le but du traitement est d'apprendre à relâcher les muscles afin d'enrayer la douleur.

Suppléments diététiques et naturels

Certaines personnes amputées rapportent que la consommation de suppléments diététiques et de produits homéopathiques contribuent à soulager les douleurs au membre fantôme. Citons, entre autres, le potassium, le calcium, le magnésium et les injections de vitamine B12. Des produits naturels à base d'herbes, comme les baies de genièvre (appelées « baies fantômes » par les Amérindiens), se sont aussi avérés bénéfiques. Les antioxydants, comme le pycnogenol (un extrait d'écorce de pin vendu au Canada comme produit alimentaire) et l'extrait de pépins de raisins, sont des bioflavonoïdes extrêmement concentrés, connus jusqu'en 1936 sous le nom de vitamine P. Les antioxydants s'attaquent aux radicaux libres. Ces derniers sont des atomes instables, présents dans notre corps, ils attaquent tous les tissus cellulaires, endommagent le collagène et reprogramment l'ADN. On pense que les radicaux libres sont la cause sous-jacente de nombreuses maladies. On trouve les antioxydants en grande quantité dans les pépins de raisins et l'écorce de pin, et en moindre quantité dans la pelure des raisins, les canneberges, l'écorce du citronnier et les feuilles de noisetier. Les antioxydants sont disponibles sous forme liquide ou en comprimés.

* Les personnes amputées devraient toujours consulter leur médecin avant de consommer ce type de produits. Ils ne sont pas inoffensifs et peuvent causer des effets secondaires importants. De plus, leur consommation peut être contre-indiquée si d'autres médicaments sont pris en même temps. 

Tenue d'un journal

Certaines personnes amputées notent la date et l'heure où surviennent des douleurs au membre fantôme de même que les circonstances pouvant les avoir provoquées (exemple : le stress). Un journal tenu pendant une longue période de temps peut contribuer à trouver les facteurs qui influencent ou déclenchent les douleurs au membre fantôme et qui expliquent la fréquence et l'intensité de ces dernières. C'est ainsi que les migraineux ont découvert que certains aliments déclenchaient leurs migraines.